Google, dégage de mon Mac !
18 mai 2008 par zero-zombie
En lisant un article sur ArsTechnica, je suis tombé sur un mot que je ne connaissais pas : “cruft”.Comme d’habitude, une pression sur F4 m’amène aux Widgets d’OS X où se trouve mon traducteur qui manque de chance, n’est pas en mesure de me traduire ce mot.Je me met alors en quête d’un autre traducteur ayant un vocabulaire plus étendu.Premier réflexe : chercher sur le site d’Apple… force est de constater que leur annuaire de Widgets est loin d’être parfait - je n’ai même pas trouvé de fonction de recherche.Je cherche donc une alternative sous la forme d’un Google Gadget à mettre sur ma page d’accueil.C’est pas aussi bien mais après tout, si ça peut rendre service…J’en trouve finalement un qui me convient bien : non seulement il cherche la traduction mais aussi la définition sur Wikipédia. Cruft étant du “slang informatique”, un traducteur classique ne pouvait pas me renseigner (pas plus que le Robert & Collins d’ailleurs).Malheureusement, s’il existe des déclinaisons de ce gadget pour la sidebar Vista et nombre de réseaux sociaux, il n’existe pas en tant que Widget OS X.Et voilà comment je me suis retrouvé à installer Google Desktop pour Mac (http://desktop.google.com/fr/mac/), avec la promesse de pouvoir installer les Google Gadgets en tant que Widgets OS X.J’avais lu récemment dans MacGeneration que Google avait maintenant un département spécialisé dans le développement Mac, et qu’ils suivaient les recommendations d’Apple pour faire de beaux logiciels intégrés à OS X.En réalité il n’en est rien.Pour tout dire, j’ai eu la très désagréable impression de retrouver un bout de Windows dans mon OS X.Dès l’installation, ça commence mal : on a le droit à un programme spécialement dédié à l’installation, dans lequel on peut choisir les modules à installer.Ce programme ajoute deux icônes plus un dossier dans les Application, dans la plus pure tradition de Windows où chaque programme vient un peu plus mettre la pagaille dans le menu Démarrer.Le design du programme de choix des modules est hideux, ne respecte pas les standards d’Apple et affiche une prévisualisation de Google Earth ignoble, sans anti-aliasing qui choque franchement l’oeil habitué à un OS où le lissage est la norme. Sous XP, ça ne m’aurait peut-être pas choqué, mais là… le manque de finition a vraiment du mal à passer.Contrairement à ce que j’avais pu lire ailleurs, Google Desktop Mac ne s’appuie pas sur Spotlight mais réindexe tous les documents. D’emblée, sans rien demander et en indiquant que cette indexation peut prendre plusieurs heures. Encore une fois, un comportement typique de programme Windows qui se fiche bien de l’utilisateur et qui prend la main “pour son bien”.Bref, j’arrête l’indexation et tente d’ajouter mon Gadget en tant que Widget : peine perdue, tous ne sont pas compatibles… et c’est le cas de celui que je comptais ajouter.Alors pourquoi garder Google Desktop ? N’ayant pas la réponse, je glisse les éléments qu’il a placé dans Application à la corbeille.C’aurait été trop simple et trop standard, il faut en fait passer par le programme de gestion des installations de Google Desktop. So Windows : un programme, un désinstalleur.En avant pour la désinstallation, plutôt rapide… qui se termine par un message :”Vous devez redémarrer votre ordinateur pour terminer la désinstallation”.Lamentable.Au final, j’ai eu la très désagréable sensation que Google ne faisait aucun effort pour réaliser quelque chose de correct pour OS X.Il est possible que ce soit typique d’une société de services autour d’Internet. Les éditeurs de produits Web ont souvent l’illusion que le web est tout ce qui compte et que finalement, ce qui se passe en dehors du navigateur n’a plus vraiment d’importance.A mon sens c’est une vision complètement biaisée de la réalité.Malheureusement, je crains que la part de marché grandissante du Mac ne nous fasse rencontrer de plus en plus souvent des logiciels médiocres, qui nous rappellent ce qui est la norme sur la plate-forme de Microsoft.Il ne reste qu’à croiser les doigts et espérer qu’au final, ce soit l’approche de Mozilla avec Firefox 3 qui prime, en proposant des déclinaisons qui tentent de respecter au mieux le look’n'feel de son O.S. hôte.En attendant, il risque de se passer un moment avant que je tente d’installer sur mon Mac un autre programme édité par Google.

